Pourquoi est-on, ou n'est-on pas, pertinent ?
jean louis Dessalles
Resume
Disposons-nous d’une grande liberté lorsque nous choisissons de communiquer ? Non, bien sûr, pas toujours, mais dans les situations sociales décontractées comme la conversation entre amis, personne ne pourrait prétendre que notre comportement est fortement contraint. Quoique... Il semble que nous soyons soumis, sans en avoir conscience la plupart du temps, à une contrainte extrêmement sévère : la contrainte de pertinence. Lors d’une conversation spontanée, une réplique non pertinente provoque un rejet systématique (« Pourquoi dis-tu cela ? ») plus ou moins agressif. Plus généralement, tout acte de communication se doit d’être pertinent. Un être humain qui ne produit plus d’énoncés pertinents est vite considéré comme un malade mental. D’où vient cette contrainte, comment fonctionne-t-elle, quel est son rôle ?.
A tout moment, certaines choses peuvent être dites, d’autres non. Même si l’éventail des interventions pertinentes qu’il est possible de faire à un moment donné est large, il est négligeable par rapport au nombre gigantesque des interventions imaginables. Comment les interlocuteurs parviennent-ils quasi instantanément à concevoir des paroles pertinentes et à juger de la pertinence des paroles d’autrui ? Cette question revêt une importance accrue à l’heure où il s’agit d’améliorer l’efficacité de la communication et de l’assister à l’aide de machines. Un ordinateur pourra-t-il un jour communiquer de manière pertinente ?